Bienveillance

Par jeudi, janvier 5, 2017 1 No tags Permalink 0

Ce mot revient souvent pour moi cette année. Très souvent, car c’est le mot à la mode en matière d’éducation scolaire et parentale. C’est le mot qui me traverse la tête, quand parfois en classe je doute de moi.

Enseignant bienveillant, tout le monde sait vaguement ce que cela doit recouper, on ne nous l’apprend pas à l’école, on nous rappelle seulement de l’être. Je pense que c’est tout simplement parce qu’il s’agit d’une aptitude humaine, que l’on se doit de développer soi-même.

On ne naît pas bienveillant. Et on ne l’est pas tout le temps, ni pour tout.

La bienveillance est différente de l’empathie qui serait à mes yeux, plus naturelle, un sentiment instinctif que l’on ne pourrait pas réprimer face au vécu de l’autre, aux épreuves qu’il traverse ou tout simplement en partageant sa joie sincèrement. La bienveillance elle, se traduit dans nos actes et nos mots, nous en sommes donc responsables, nous pouvons la contrôler.

Concernant la bienveillance envers les enfants, il y a un consensus actuel sur la question. Sans cet environnement bienveillant nul ne pourrait se sentir suffisamment en confiance pour échouer, tâtonner, recommencer, apprendre. Et il s’agit bien là du propre de l’enfance.

Ce qui me surprend dans cette logique, c’est notre incapacité à adopter ce comportement bienveillant dans nos rapports adultes. Comme si la maturité affective nous dédouanait de faire des efforts. Comme si l’adulte était un être terminé qui n’avait plus le droit de se tromper. Comme si nos mots, nos actes ne pouvaient pas blesser les grands.

La fausse naïveté avec cette phrase balancée l’air de rien, ces insultes au volant, cette impatience à la caisse,  ces boutades qui s’éternisent sur la même personne, ces mots pronconcés sèchement pour demander un service, ces bonjours sans regard, ces « ça va ? » sans âme.

Alors même que nous aimerions que nos enfants deviennent des êtres sociables dôtés d’empathie et de savoir-vivre-ensemble, prêtent leurs jouets, considèrent l’autre comme leur égal, ne coupent pas la parole… donnons-nous seulement le bon exemple ? Sommes-nous capables d’appliquer ce que nous aimerions nous-même recevoir, à savoir un peu sincérité, de douceur, de chaleur ? De bienveillance face à nos erreurs, nos humeurs, nos imperfections.

Et si à l’aube de cette nouvelle année, tout affairés à nos bonnes résolutions, nous pensions à rajouter un soupçon de bienveillance à nos rapports aux autres ?

Apporter sa petite patte à l’effort commun.

Puisqu’il n’y a rien que l’on puisse vraiment contrôler. Déjà, être soi ce que l’on aimerait que le monde soit.

 Crédit photo : My Chuchotis

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1 Comment
  • Mojito Cerise
    janvier 8, 2017

    Ce petit billet me parle beaucoup ! :-) « Et si à l’aube de cette nouvelle année, tout affairés à nos bonnes résolutions, nous pensions à rajouter un soupçon de bienveillance à nos rapports aux autres ? » Oh oui ! essayons ! Je pense que ça en vaut vraiment la peine ! :-) Bises, et bonne année à toi ! (c’est mon 1er commentaire, je te découvre avec ce billet) Angélique.

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