Blowin’ in the wind

Par lundi, janvier 2, 2017 0 No tags Permalink 0

Il y a eu le début des vacances et tout à coup le vide.

Je l’avais attendu ce vide, entre l’effervescence de ma classe et celle des oraux à la fac. Je rêvais du premier réveil sans réveil. Et je n’ai pas pu poser un pied hors du lit. Trop froid. Pas d’obligation. J’ai mesuré à quel point il m’avait fallu du courage durant mon année de révisions seule pour sortir du lit sans y être obligée.

J’ai réalisé alors à quel point j’aimais mon métier. A quel point cette activité intense d’être avec mes élèves me comblait. Sans ce besoin de couper sitôt la journée terminée, comme avant lorsque j’étais dans un bureau . Il n’y a plus de frontière réelle entre mon métier et ma vie personnelle. Et ce n’est pas seulement dû aux soirées et aux dimanches matins passés au bureau de ma chambre. C’est plus diffus. Sûrement ce que ressentent tous ceux qui travaillent dans des métiers où la relation à l’autre est au coeur de tout. On ne referme pas une porte de classe comme on referme un dossier.

J’aime les fêtes de fin d’année. Les moments ensemble. J’aime les gens et j’aime manger. C’est aussi simple que ça.

Je suis toujours étonnée quand quelqu’un me dit qu’il n’aime pas Noël. Il manque des personnes essentielles à ma table familiale. Et pourtant. Ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas vouloir y être avec eux. Ils sont là. Ils sont partout dans cette maison de mon enfance.

J’aime courir après les poules qui s’échappent de l’enclos. J’aime le sapin de Noël toujours élégant ici. Revoir mes amis d’enfance. Avoir froid, mettre des bottes fourrées et de gros manteaux. Rester au chaud avec un livre. Emballer des cadeaux et courir un peu partout pour trouver un très bon vin. Jouer à des jeux de sociétés avec mon enfant. Prendre des photos. Ecouter Julien Doré. Discuter. Et manger.

Mais je n’aime pas ces matins où j’ai vraiment du mal à me lever. Je sais au fond de moi que l’on ne va pas réellement bien tant qu’on a dû mal à sortir du lit. Ils sont tapis dans l’ombre mes petits monstres. Peut-être sont-ils justement cachés sous le lit.

Je les ai apprivoisés cette année, pour avoir l’envie de me lever sur la pointe des pieds sur le parquet et ouvrir les volets givrés. Et la vue est belle. Tant qu’il y a des gens que j’aime et à manger.

Notre chance se résume à ça. Et rien ne m’agace autant que ceux qui n’en ont pas conscience et se noient dans des broutilles. L’égoïsme le plus criant est celui qui refuse de porter les chaussures des autres, même pour quelques secondes.

Je n’ai pas envie de faire de bilan, car j’ai toujours du mal à cerner en quoi cette frontière imaginaire du 31 décembre pourrait effacer une ardoise et me la présenter vierge.

Cette fin d’année m’a laissée avec beaucoup de questions. Je ne comprends pas pourquoi autant de bonnes volontés ne peuvent pas s’accorder pour un monde meilleur, pourquoi deux personnes qui s’aiment peuvent cesser d’y penser, pourquoi la mort ravage tout sur son passage silencieux, pourquoi les souvenirs s’envolent dans le vent si on ne prend pas la peine de les écrire.

Dans la voiture du retour le 1er janvier, sur les routes enneigées et avec le gobelet de café amer de la station service, j’ai entendu cette chanson à la radio. C’est sans doute aussi simple que ça.

The answer my friend is blowing in the wind.

Je ne peux pas écouter Bob Dylan sans penser à mon père, alors même que je ne sais plus s’il l’écoutait aussi souvent que ça. Parfois nous faisons des liens entre les choses. La voix, les textes engagés, cette façon bien à lui de ne jamais cesser de s’indigner. Peu importe.

Je vous souhaite de commencer cette année avec les gens que vous aimez, avec de quoi manger et une chanson de Bob Dylan qui passe à la radio.

J’aimerais de façon naïve qu’il en soit de même pour tout le monde. Comme c’est impossible, j’aimerais alors que ceux qui ont cette chance en 2017, la mesure réellement.

J’aime particulièrement cette vidéo ICI, mais je crois que je préfère le grain de voix de la version où il la chante plus âgé.

Crédit photo My Chuchotis

Musique Bob Dylan Blowin’ in the wind

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