Capitale

Par dimanche, janvier 10, 2016 6 No tags Permalink 0


Le bruits de nos chaussures sur le trottoir. Les rires, trop nombreux.

Le froid devant les bars, les briquets chapardés, les motifs évasifs pour draguer. Les rencontres amusantes, les sourires, les yeux qu’on ne croise qu’un soir. Le monde à portée de main.

Les concerts, la fosse, les pas de danse, les mains vers le ciel.

Mes premiers amours, les vrais, ceux qui ont un goût de lettre capitale, de tour Eiffel et de mojitos trop chers.

Les bus de nuit.

Tes deux bras qui s’ouvrent en grand, l’Ile Saint Louis au milieu. La coloc, la tour Eiffel en toile de fond, mes pieds sur la barrière du balcon, toutes les trois allongées à refaire le monde.

La course. Rater le métro. Le froid, le chaud, la course encore.

Les études, les RER, les stages, la course toujours, au premier emploi cette fois.

Faire une rencontre sur un trottoir, devant un bar. Celle qui change la perception au monde. Celle qui rend le reste moins bien.

Marcher. Marcher beaucoup. Sourire pour de faux dans un tailleur, faire l’accueil, faire la gueule. Rendre le tailleur, arrêter les faux sourires et trouver le premier emploi.

Mon premier appart de grand. Avec un petit lit à mettre dedans.

Les soirées tous ensemble dans un salon trop petit.

Aller écouter de la musique au Bataclan avec un bébé dans le ventre.

La maternité. Le petit lit transparent dans la chambre et la vue toujours, sur la tour Eiffel.

Les manifs, la foule, la fête. Les bars, les terrasses, les cafés allongés, les mojitos en apéro, les verres de vin.

Les heures de pointes dans le métro, faire partie de la foule qui se presse.

Une poussette en terrasse, les parcs, les balançoires.

Chercher la robe. Marcher le long des boulevards. Parler tout le temps.

Courir, toujours. Respirer fort.

Connaître tes entrailles souterraines par coeur. Jongler entre les arrêts les yeux fermés.

Vouloir mieux, plus grand. Vouloir être quelqu’un d’autre. Te quitter.

Je ne t’ai pas regretté en te quittant au contraire. Mais quelques temps plus tard, je n’ai pas pu retenir la nostalgie en m’apercevant à quel point ces moments insouciants, inconscients parfois, ont été importants.

L’importance de la légèreté que l’on découvre lorsqu’elle disparaît.

La particularité des souvenirs des bons moments, c’est que personne ne peut nous les enlever. Personne ne peut rien contre eux. Ils n’ont pas de prise. Au contraire, ils deviennent plus précieux. Ils font un peu mal, comme toutes les choses qu’on aime et qu’on ne vit qu’une fois. Mais ils restent intacts.

Fuir, si tu crains le pire 
Sans un mot sans mobile 
Leave if you do believe 
That I can’t hear the things we feel 
Nos souvenirs, paris c’est sens interdit 
Don’t feel, nos souvenirs, Paris c’est sens interdits

Etienne Daho  – Paris Sens Interdits

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6 Comments
  • Lolli
    janvier 10, 2016

    Les souvenirs sont ancrés, précieux . :) Il faut les garder, au creux de la tête et du coeur

    • My Chuchotis
      février 22, 2016

      :-) merci j’essaie de les écrire ici pour ne pas les oublier

  • Lorelei
    janvier 10, 2016

    comme tu racontes bien, on se laisse emporter dans tes mots….
    bisous!

    • My Chuchotis
      février 22, 2016

      merci beaucoup :-) bisous

  • J'ai écrit
    mars 12, 2016

    C’est si doux comment tu racontes Paris, et c’est important de garder les souvenirs.

    • My Chuchotis
      mars 15, 2016

      Merci :-)

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