13 ans déjà

Par samedi, avril 26, 2014 1 No tags Permalink 0

Il y a un an jour pour jour j’écrivais ça.

Aujourd’hui je suis fatiguée. Je suis très en colère. Cette vie qui nous malmène encore et encore. Qui donne du fil à retordre aux gens que j’aime. Ce blog n’est pas le lieu pour parler de ça. Donc je ne m’apesantirais pas. Je suis simplement très en colère. J’ai besoin de le dire. J’aimerais parfois que les difficultés cessent, mais quelqu’un m’a dit un jour que l’on ne vivait que ce que l’on pouvait endurer. Il faut croire que les épaules de ma famille sont très solides. Que nous sommes très forts.

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Laisser la vague te submerger

Par dimanche, avril 13, 2014 4 No tags Permalink 0

N’enlève pas ton bavoir. Non on n’a pas fini. Regarde il reste un dessert. Un yaourt. Ouvre la bouche. Voilà. Il est à quoi ton yaourt? Tu sais pas? Moi non plus je ne sais pas, c’est pas écrit. Tu sais dans la vie ce n’est pas grave de ne pas tout savoir. C’est même mieux. Les gens qui savent tout ça n’existe pas. Et ceux qui pensent tout savoir ce sont les pires.

Moi je ne sais rien. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Et ces gens-là ils essaient de te le dire. Ils ont tout compris eux. Ce que tu dois penser. Ce que tu dois ressentir. Ils te posent des milliers de questions, ils veulent tout savoir. Mais ils ont déjà la réponse. Ils n’écoutent pas vraiment la tienne. Et si tu t’avises de trébucher ils regarderont ailleurs. S’arrêter c’est prendre le risque de tomber aussi. Ces gens-là ils ne comprendront jamais tes mains qui heurtent le sol. Ton souffle coupé. Pour eux la vie continue de tourner. Ces gens-la ce sont des empêcheurs de tourner en rond. Ils se trouvent entre la surface et le fond : ils t’empêchent de taper du pied pour remonter.

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La vie en veille passive

Par lundi, février 3, 2014 0 No tags Permalink 0

Quand j’étais lycéenne, je m’imaginais que les garçons lisaient dans mes pensées comme dans un livre ouvert. Je laissais de petites phrases en points de suspension, j’attendais qu’on devine mes envies…et j’étais systématiquement déçue.

Dans mon travail j’ai longtemps pensé que mes efforts n’étaient pas reconnus, que je pouvais faire mieux et j’en ai fait le reproche muet à ma hiérarchie. Je n’ai jamais tapé du point sur la table, pourtant c’était bien de la faute des autres et non la mienne.

Quand je me suis sentie parfois seule devant mes angoisses de grossesse ou de jeune mère, je me pensais incomprise, je me drapais dans mes certitudes, me disant que de toute façon personne ne pourrait m’aider. Je ne l’ai jamais demandé. J’ai parfois répondu non merci à ceux qui le proposaient.

Quand je me suis dit qu’il serait temps de chercher un nouvel appart, un nouveau boulot j’ai dit aux personnes de mon entourage : « il n’y a aucune offre d’emploi et le prix des loyers est trop élevé ». Et je n’ai rien fait de plus qu’une veille passive.

Quand mon fils s’est mis vers 14 mois à faire des caprices, à hurler, à se jeter au sol devant l’interdiction de monter sur le canapé ou de claquer une porte, je l’ai grondé. Je me suis sentie désemparée. Je me suis dit que tout était fichu et qu’il allait grandir dans la violence de mes cris.

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A penny for your thoughts

Par lundi, janvier 27, 2014 2 No tags Permalink 0

Des photos de tes pensées j’en ai des milliers. Je n’ai même pas besoin de cliché pour voir ton regard se perdre, ton attention se porter sur un point invisible, sinon à l’oeil nu en tout cas à mes yeux.

Je ne peux pas te demander « à quoi tu penses »? te faire plier pour que tu me dévoiles toutes tes rêveries. Ne t’inquiète pas petit bébé je te réserve ça pour plus tard, pour quand tu sauras parler, formaliser, dire avec des mots ce qui perd ta tête dans les nuages.

C’était frustrant quand tu es né de ne pas savoir comment tu avais ressenti cette mise au monde. De ne pas comprendre tes pleurs, de ne pas avoir de mode d’emploi pour tes besoins. Mais aujourd’hui alors que tu deviens de plus en plus une petite personne affirmée, j’ai encore plus envie de connaître ce qui t’anime.

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Silence cordial

Par lundi, janvier 20, 2014 0 No tags Permalink 0

 

Si tout à coup je décide de tout te dire.

Si je te dépeins mes pensées, sur une aquarelle dont les couleurs seraient numérotées comme un nuancier pantone.

Que j’avoue qu’il y a des jours où la jalousie et la rage me brûlent les doigts, me donnent envie de taper dans une porte et d’observer ma main passer à travers.

Et que je tire par les cheveux les petits moutons qui dorment sous mon lit.

Sous ton lit.

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Mais qui étais-je donc?

Par mardi, janvier 7, 2014 31 No tags Permalink 0

Il y a quelques années, alors que j’étais encore en mode no kids, que je trainais mes baskets pour le simple plaisir de flâner et « que me faire plaisir » signifiait un merveilleux combo soldes-restau-ciné et non un film acheté sur VOD avec livraison de sushis, j’avais vécu la scène du manège. Tout le monde a vécu cette scène.

En l’occurrence il s’agissait de mon cousin avec lequel je me baladais, et qui, sans raison aucune avait payé un tour de manège à son bébé. Un petit manège sans grand intérêt avec aucun enfant dedans. Je devais faire une tête atterrée car je me souviens que mon cousin m’avait dit « je sais mais…tu verras quand tu seras parent ». Je m’étais offusquée quant au coût du tour (environ 2€) de la faiblesse de mon cousin qui ne pouvait passer devant un manège sans en offrir un tour à son fils, et du manque d’intérêt de l’activité puisqu’il n’y avait aucune ambiance, aucune sensation, aucun autre enfant : bref le vide ultime à mes yeux.

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Noël sans eux

Par jeudi, décembre 26, 2013 0 No tags Permalink 0

Noël a toujours le même effet sur ceux qui ne peuvent le passer en compagnie des personnes qu’ils aiment. C’est comme une pelle à gâteau remuée dans la plaie, une chaise vide dans un joli tableau, une envie de pleurer le jour où l’on a pour obligation d’être heureux.

C’est moins facile de faire face à l’absence ce jour-là justement car on a le cœur rempli de joie et que c’est le sentiment qu’on a le plus envie de partager. Je sais que je ne suis pas la seule à profiter d’une minute de liberté dans cette journée rythmée pour me plonger dans les photos jaunies  et les souvenirs. Que je ne suis pas la seule à fleur de peau à m’être mise dans une colère noire contre une inconnue pour une broutille la veille de Noël. Que je ne suis pas la seule à me perdre dans une chanson, une odeur ou dans les rêves du « si ».

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J’ai 12 ans

Par lundi, décembre 9, 2013 0 No tags Permalink 0

Accueillir ses copines pour deux jours et avoir 12 ans.

L’appartement, les fous rires, la soirée pyjama.

Parler de garçons, de choses à la con et avoir 14 ans.

Echanger les souvenirs, les potins, les confidences.

Sortir sans regarder sa montre et avoir 16 ans.

Prendre le temps, ne pas se presser, savourer.

Faire une grasse mat’, ne penser à rien et avoir 18 ans.

Ne t’avoir jamais porté, être légère comme une plume.

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J’ai un petit appart

Par jeudi, novembre 28, 2013 12 No tags Permalink 0

Tout petit pour une famille. Très grand pour certains. Il fait 42m² si vous voulez tout savoir.

Cet appart je l’aimais vraiment. Près du parc, immeuble moderne, ascenseur, balcon, un endroit parfait. Dans Paris. Le rêve  de ma jeune vie quoi.

Un bébé est arrivé, on a laissé la chambre et pris le salon.

Quand des amis viennent, on dort à trois dans la petite chambre. Quand les grands-parents sont là ils dorment aussi sur le canapé. Ca ne les gêne pas, on est bien comme ça.

C’est une ambiance colo, on se fait coucou-bonne nuit alors qu’on est à 2 mètres. On se réveille tous en même temps. On chuchote et on bouge les objets doucement.

Dans mon appart, il fait chaud, il y a un grand canapé et un frigo parfois plein. On prend des bains, on se fait des petits plats, on regarde bébé qui gambade partout et qui étale tous ses jouets. On invite pour des apéros, on regarde des films, on trouve une petite place pour une machine à coudre.

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Je t’ai croisée ce matin

Par mercredi, octobre 30, 2013 4 No tags Permalink 0

Ce matin je pars le regard embué, perdue dans mes pensées. Je ne suis pas encore dans ma journée, plutôt l’esprit vers mon fils qui crie de me voir m’en aller. Je monte dans l’ascenseur et dans ce flou matinal, les yeux dans le vague, je te vois.

Comme un point que l’on regarde au loin et qui accroche sans le vouloir notre esprit. Mes yeux se fixent intensément dans le reflet du miroir.

Est-ce mon rouge à lèvres, mon expression ou la façon dont j’ai mis mon foulard? Je détaille mon visage, je suis le contour de ma bouche, tellement différente de la tienne, la couleur de mes yeux beaucoup plus foncée…tu as disparu.

J’imagine ma souffrance si toi et moi avions eu des traits communs. Ce n’est pas le cas. En tout points différentes. Ça nous faisait rire. Aujourd’hui je cherche désespérément ton reflet.

Je marche vers mon travail. J’essaie de m’éloigner de cette colère. Cette colère froide, silencieuse qui me gagne ces temps-ci et qui s’est ravivée ce matin. Une colère que je connais bien, avec laquelle je vis depuis plus de dix ans. Je sais qu’elle va gentiment partir. Puis elle reviendra.

Lorsque je la sens arriver, je laisse la vague passer, me submerger. Le cerveau humain a cette capacité à noyer nos pensées sombres de choses futiles, de rayer de notre mémoire la douleur. Le temps atténue, rend cette colère moins fréquente et ses accès moins longs. Mais je sais qu’on ne s’habitue jamais à l’injustice, jamais à l’absence.

Cette colère parfois j’en ai fait des combats, j’en ai fait des actions. Mais la plupart du temps elle m’immobilise, elle me paralyse. Je dois arrêter de respirer pour ne pas la renvoyer sur un autre. Elle menotte mes mains et m’oblige à me taire. Elle ressemble plus à une envie de dormir pour ne plus penser, à une envie de débrancher pour ne pas craquer.

Alors je laisse la vague passer. J’attends qu’une pensée vienne la remplacer. En attendant je me raccroche à ton regard, que j’ai croisé ce matin.

Crédit image : Leigh Viner

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