La politesse du sourire

Par mardi, octobre 1, 2013 3 , Permalink 0

175157715Un jour après une nuit blanche et de nombreux mots échangés, alors que j’avais à peine 18 ans une personne m’a dit : « tu dois avoir beaucoup souffert pour sourire autant ».

Je n’ai jamais oublié ces mots. Tellement vrais à l’époque. Petite ado comme sous prozac qui vit dans une fausse réalité. Je me souviens m’être dit consciemment que je ne voulais pas que les gens me fuient. Sourire était l’unique moyen de garder pied dans cette réalité. De conserver des amis, une vie sociale. Sourire par politesse, sourire pour garder la tête haute, sourire pour continuer à être fréquentable.

J’ai tellement d’affection pour ce que j’étais à l’époque. Jamais je n’ai pensé avoir été une mauvaise personne.

J’ai vécu cette jeunesse à 100 à l’heure, entre bande d’amis que je vois toujours aujourd’hui, petites histoires amoureuses sans conséquences, faux grand amour qui ne rimait qu’à soigner un égo mis à mal. J’ai fait des choix mais je ne les qualifierais jamais de mauvais. Je n’ai jamais dépassé la ligne rouge. Je n’ai jamais plongé dans une vie malsaine ni fait de mal aux autres. Pas même à moi-même. Ces choix m’ont construite, m’ont donné des indications personnelles sur le bien et le mal.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Génération désenchantée

Par vendredi, septembre 13, 2013 13 No tags Permalink 0

Henrik SorensenOn nous avait vendu du rêve,  des promesses d’épanouissement personnel et professionnel, des vies où l’on aurait tout choisi et où l’on serait les rois.

A coups de « passe ton bac d’abord » de valorisation de nos stages, d’une élite qui ne serait que diplômée, on nous avait promis que l’on mettrait le monde à nos pieds. On a fait de la communication, du marketing, du commerce et plein de choses qui riment avec international. On nous a dit qu’il fallait continuer le plus longtemps possible et partir à l’étranger. Mais à part enchaîner les histoires d’un soir dans toutes les langues et les beuveries étudiantes, on n’a pas trop compris ce qu’on foutait là. On nous a dit d’être des requins, de négocier nos salaires, de montrer ce qu’on vaut, de regarder droit dans les yeux. Et on s’est pris une gifle en pleine gueule.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Un jour pas comme les autres

Par mercredi, août 28, 2013 2 No tags Permalink 0

Aujourd’hui c’est un jour pas comme les autres. Une année de plus vers la quarantaine, encore de belles années devant soi. Tu me dis : «si j’entends encore quelqu’un se plaindre d’avoir 30 ans je crois que je vais hurler ! C’est vraiment des vieux cons avant l’âge non ?»

Toi tu ne te plains pas de cette année de plus. De tes 31 ans. Tu es toujours toi, solaire, lumineuse et tellement souriante. Tu ris. Ce rire en cascade.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les vies en attente

Par mardi, août 27, 2013 6 No tags Permalink 0

Je vois des gens qui remettent des choses à plus tard, des voyages, des passions, des enfants, des déclarations d’amour, des reproches ou des vérités. Qu’importe ces choses, ce sont leurs rêves.

J’ai parfois l’impression que ces gens n’ont pas vu que la vie file.

Je vois des gens qui n’aiment pas souffler leurs bougies. Qui n’aiment pas que les années avancent. Car en fait elles avancent sans eux. Elles les tirent, les poussent, mais ils ne se pressent pas, ils ont le temps. Ils sont là pour longtemps.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le petit pull vert

Par jeudi, juillet 4, 2013 2 No tags Permalink 0

Ce jour-là j’ai porté du vert.

Ce jour où l’on est sensé mettre du noir.
Dans les films les gens ont des tenues toutes prêtes.
Des tenues classes et noires.
De deuil.
Moi je n’avais rien.
A 15 ans on n’a pas beaucoup de noir.
A 15 ans on ne se prépare pas à ce type de moment.
Dans la vraie vie on n’arrive même pas à s’habiller.

J’ai pris ce petit pull vert.

Rendez-vous sur Hellocoton !

12 ans déjà

Par vendredi, avril 26, 2013 4 No tags Permalink 0

ob_8c210c3d08a57a5a4445513f10d3fb44_15541996512 ans déjà.
Ce matin je me suis réveillée et je suis allée travailler comme d’habitude.
J’y avais pensé dans la semaine, puis cette pensée s’était envolée, délicatement, sans bruit et sans mal. Aujourd’hui alors que je tente de calculer à combien de jours du mariage nous sommes, je regarde machinalement le téléphone de mon bureau : 26 avril.

Et cette date me saute aux yeux. 12 ans.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir le côté qui brille

Par mercredi, avril 3, 2013 1 No tags Permalink 0

ob_f6a920b188be91cfde079a0bf233c63d_161852625Avant quand j’avais un coup dur, une dent contre quelqu’un, un bleu au cœur, une frustration, une angoisse, un stress : je me disais que j’avais connu pire. Perdre un proche de la manière dont je l’avais vécu à 15 ans a été une telle injustice que tout semblait dérisoire à côté.

Cette manière de voir la vie m’a révélé une part inattendue d’optimisme. Là où certains coupent les cheveux en quatre je ne voyaient que des broutilles à travers le prisme du « pire est déjà arrivé ».

Aujourd’hui après avoir connu une grossesse et un accouchement je me surprends à relativiser les petits couacs de la vie avec une autre pensée « si tu as pu donner la vie d’une telle manière, rien n’est impossible, rien n’est grave ». En donnant naissance je me suis sentie forte et invincible. Ce sentiment peut paraître prétentieux ou vide de sens pour ceux qui n’ont pas vécu un accouchement. Mais pour moi la fierté et le sentiment de puissance ont été un moteur de vie énorme depuis la naissance de mon fils.

J’ai inversé la tendance, la vie est là et m’a ouvert ses tout petits bras.

Parfois je vois des gens pour qui tout est gris, tout est pluvieux, tout est froid. Rien ne trouve grâce à leurs yeux et les autres ont toujours tort. Ils se lancent dans des débats sans fin et ne comprennent pas que leur énergie est vouée à les empêcher d’avancer.

Je les regarde et je me dis que j’ai de la chance. Puis je réalise qu’en fait non, je n’en ai pas toujours eu. Tout simplement je n’ai pas de rancœur, je ne me complaît pas dans le malheur.

J’ai su être résiliente, j’ai pu attraper ma vie à bras le corps.

Certains diront que c’est le hasard qui a fait que ma route a croisé celle des gens biens et que je vis entourée et aimée. Mais je me plais à penser que cette vie qui brille aujourd’hui c’est à moi que je la dois.

 

getty images

Rendez-vous sur Hellocoton !