Fusionnel

10733462_10152864916354379_4613333511111601381_oJe vous ai beaucoup parlé des caprices ici, car ils avaient à un moment donné atteint un stade très difficile à gérer. Mon article Inconditionnel avait fait écho à certains d’entre vous et je m’étais aperçue que nous étions nombreux à vivre cette phase avec incertitude, doutes et remise en question dans notre capacité à être de bons parents.

Aujourd’hui cette phase a cessé. Je pourrais crier victoire, mais si vous voulez la vérité, je ne sais même pas pourquoi, ni quand elle a cessé. Car autant les crises peuvent être retentissantes, autant le calme quand il revient…ne fait pas de bruit. Un jour simplement je me suis dit que ça faisait longtemps que je n’avais pas eu à affronter un gros caprice sans motif. Que les choses étaient plus faciles, plus douces. Que les pleurs avaient à nouveau fait place à la bonne humeur.

Notre petit garçon a toujours le caractère propre à son âge « le non » est très présent, la contradiction et le test font partie de notre quotidien. Mais les crises, les vraies, ingérables, ont disparues. Il conserve son petit caractère méfiant envers les autres adultes, surtout quand ils sont trop nombreux. Mais il est apaisé en leur présence, accepte de se rapprocher, de se faire lire des histoires ou de jouer avec eux.

J’aimerais vous donner une clé, un indice, sur ce qui a fait que maintenant nous sommes dans une situation que nous savons gérer. Mais je n’en ai pas. Il faut toujours prévenir, expliquer et parfois gronder. Il y a des scénarios qui reviennent souvent : le plat qui ne plait pas ou la couche à changer qui le fait partir en courant. Mais nous ne sommes plus dans ces caprices en cascade et des crises à rebondissements. Tout s’est calmé, apaisé.

J’avais besoin de retrouver ça, cette douceur, sa main dans la mienne, les moments câlins qui n’en finissent pas. Fusionnels. Comme un parent aime l’être avec son petit enfant.

 Je sais que rien n’est linéaire, que des éléments extérieurs enrayent vite la machine du tout petit : fatigue, faim, fièvre ou simplement trop de monde ou de bruit. Mais ni plus ni moins. Et les bons moments restent plus nombreux que les autres.

Je crois simplement que le temps a passé et qu’il a grandi. Je crois que nous avons essayé de tenir le cap, de trouver notre place de parents. Je crois que nous avons  écouté tout le monde et personne en même temps.

Car chaque enfant est différent. Certains parents nous ont conseillés, mais dans un raisonnement propre à leur enfant, à son caractère, aux leurs. Bien sûr certaines astuces sont universelles. Mais une éducation, non. Il s’agit de renoncement d’un côté et d’acceptation de l’autre. De faire un pas dans un sens, puis dans un autre. De tâtonnement, d’apprentissage, d’expérimentation. Du petit truc qui fait rire à tous les coups et qui débloque une tension chez son enfant. De ce qu’on peut accepter, tolérer en tant que personne et ce sur quoi on ne veut pas transiger. Chacun a ses limites.

Je me souviens avoir dit en octobre à une amie : « j’aimerais qu’on me donne un mode d’emploi et que je l’applique à la lettre ». J’étais prête à faire ce qu’on aurait bien voulu me dire, scolairement et sérieusement juste pour arriver à l’issue positive : un enfant sage. Mais je me rends compte aujourd’hui que ça ne marche pas comme ça. Je devais en passer par là. Je devais ressentir tout ça, tout comme mon fils avait besoin de cette phase pour se construire. En devenant une petite personne, en s’affirmant, il a fait de moi un parent. Un parent qui se positionne, qui éduque, un parent qui n’a pas le choix. Un parent qui se crée aussi face à un autre. Deux parents qui se cherchent, ensemble, qui s’opposent, parfois.

 Je devais en passer par là, goûter à ces questionnements, cette culpabilité, pour savoir comment éduquer. Eduquer non pas « des enfants » mais cet enfant. Celui-là. Le mien. Mon premier.

Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir retrouvé un petit rayon de soleil sans l’avoir jamais vraiment perdu. J’évoque avec mes collègues d’autres phases comme l’entrée à l’école, l’adolescence ou la pré-adolescence.

Et j’ai conscience du nombre de moments qui nous attendent. Du nombre de petits chemins qu’on va devoir parcourir. Ensemble.

 Crédit photo : My Chuchotis

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6 Comments
  • Virginie
    janvier 27, 2015

    encore une fois, je le retrouve derrière tes mots et tes ressentis…. Chez nous, Léna a été très capricieuse durant environ un mois et demi, puis’ sans que l’on ne comprenne, plus rien. Un vrai petit ange, avec tout de même son petit caractère (sans ça on serait un peu inquiets non?!) quoi qu’il en soit, pourvu que ça dure pour nous tous 🙂

    • My Chuchotis
      janvier 28, 2015

      C’est fou de voir qu’effectivement c’est partout pareil! Mais c’est clair, pourvu que ça dure!! 🙂

  • Emma June
    janvier 29, 2015

    Je me retrouve vraiment dans tes mots.
    Il y a eu une phase vraiment pas simple avec MisterBB, je me disais ‘mais c’est pas possible, pourquoi nous? pourquoi on n’a pas un enfant sage, cool?alors même qu’on essaie d’être dans la bienveillance et ce, depuis qu’il est né…Mais effectivement, c’était une phase et on s’en est sorti!
    Du coup, comme tu dis, je crois que chaque phase nous apporte qqchose et une sorte de confiance aussi.

    • My Chuchotis
      janvier 30, 2015

      Oui sur le coup c’est difficile, on se pose beaucoup de questions. Mais quand ça repart on est un peu plus fort, et préparés aux prochaines « phases »! 🙂

  • Laura Laetitia
    février 13, 2015

    Bon; du coup je viens juste de lire l’autre article en lien avec celui-ci.
    Je suis contente que les choses se soient améliorée pour toi.

    C’est sure qu’il n’y a pas de mode d’emploi, et c’est très bien, chaque enfant est différent et personne ne saura mieux que toi comment éduquer cet enfant, le tient.

    • My Chuchotis
      février 24, 2015

      Oui il n’y a pas de mode d’emploi…heureusement le temps fait bien les choses!

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