Juste un pas de danse

Par vendredi, mars 4, 2016 2 No tags Permalink 0


En commençant la danse contemporaine en novembre dernier, j’ai découvert à quel point il est agréable de pratiquer une activité que l’on aime, quel que soit son niveau. Je ne sais pas si je suis bonne en danse, je ne sais pas si je suis gracieuse, je n’ai pas le recul nécessaire en me voyant dans la glace, mais ce qui est sûr c’est que je ne me serais jamais cru capable de ça.

Et c’est ce qui me surprend le plus.

Cette capacité que nous avons à nous autocensurer. Voire pour certains à se dénigrer. Attention, je ne pense pas m’être découvert un talent que je me serais caché à moi-même toutes ces années. Non, juste une activité que j’aime et dans laquelle je peux m’épanouir, vers laquelle j’avais cessé d’aller enfant car on m’avait dit que je n’avais pas le sens du rythme et que j’étais trop raide.

J’ai lu il y a peu un article sur ce sujet, par l’auteure Liz Gilbert (Mange, Prie, Aime) qui aborde cette idée comme clé du bonheur. Le besoin que nous avons en tant qu’êtres humains d’utiliser notre créativité, notre fibre artistique. Pour elle, nul besoin d’être le meilleur dans une discipline pour s’y épanouir. Je me suis totalement retrouvée dans ses pensées. Il faut aller vers ce que nous aimons, doués ou non, c’est ça finalement qui nous rend heureux, pas ce bonheur un peu factice teinté d’un besoin illusoire de réussite.  Nous sommes à une époque du succès à tout prix, les pépites et jeunes prodiges pullulent sur Internet et il est assez facile de se dire puisque nous n’avons pas autant de talent, plus l’âge, pas le physique, ça ne sert à rien de chanter, dessiner, danser, composer…

Combien de fois ai-je entendu « quand j’étais petit, je faisais du piano / de la danse / du théâtre / du tennis … mais j’ai arrêté, j’étais nul ». A l’inverse, j’ai des contre-exemples, ceux d’adultes qui se sont mis un beau matin à gratter une guitare, esquisser quelques dessins ou à renvoyer un ballon de volley. Ils semblent y trouver ce qu’ils sont venus chercher.

Je réalise chaque lundi soir ma chance, celle d’avoir osé fouler à nouveau un plancher, pour esquisser quelques pas de danse devant un immense miroir. J’aime ça. Nous sommes trois débutantes, je suis donc là uniquement pour moi-même, sans souci du regard des autres, sans aucune pression ni envie d’être la meilleure. Lorsque j’ai appris qu’il y avait un spectacle de fin d’année j’étais presque déçue, il faudrait rendre public ce qui me semblait bien comme ça, dans l’intimité de cette petite salle de danse. Mais soit. Encore une fois, nul besoin de vouloir être la meilleure pour me laisser griser par le trac de la scène, cette sensation unique du lever de rideau que j’attendais avec impatience petite quand je faisais du théâtre. Au contraire, je crois que j’aime l’idée de partager ce qui me plait sans souci de perfection.

Je vais avoir trente ans et je pense être apaisée avec ce que les autres pensent de moi. Je dirais même plutôt, avec le jugement de valeur que je mets moi-même sur mes pratiques. C’est une découverte intéressante qui m’ouvre un champs des possibles presque infini. Je peux tout faire. Et même mieux : je peux le faire mal. On s’en fiche.

Quelque part, je crois que j’ai toujours un peu fonctionné comme ça sans vraiment le réaliser. Ce que je fais avec mon blog ce n’est rien d’autre que ça. Ecrire par plaisir d’écrire, le partager, sans me censurer sous prétexte que je ne vais pas être reconnue par un Goncourt ou tout simplement un grand nombre de like (n’est-il pas un peu étrange parfois, ce taux de reconnaissance moderne ?).

On peut aimer exceller, être bon, se fixer des objectifs inatteignables, ça fait partie des challenges qui motivent au quotidien. Mais on peut aussi aimer cette douceur, cette trève, cet espace de non-jugement accordé à soi-même. Où comme ça, pour soi, on esquisse juste un pas de danse.

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2 Comments
  • florence monneron
    mars 4, 2016

    Comme d’hab, j’ai aimé ton article et c’est drole parce que j’ai parlé danse ce matin avec mon mari et un ami. Aucun des deux n’aime danser et je moi, je ne sais pas si j’en suis encore capable( 53 ans et un AVC)…..
    En tout cas, bonne route(sur le plancher) et éclate toi, profites de ces bonnes ondes.bisous

    • My Chuchotis
      mars 4, 2016

      Merci !
      Pour la danse, je pense que l’on peut être capable à tout âge si on tombe sur un prof qui sait bien nous écouter, qui ne force pas et ne brusque pas. Il faut aussi bien connaître ses propres limites. Ma prof de danse nous rappelle toujours de ne pas faire ce que nous ne nous sentons pas capable de faire. Chacune d’entre nous a des contraintes physiques plus ou moins importantes, il faut savoir y aller en douceur. Donc si tu aimes danser, pars à la recherche d’un cours adapté ! Ou si tu préfères, danse pour toi :-)

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