Une rentrée à l’ombre d’un petit olivier

Par samedi, août 22, 2015 4 No tags Permalink 0

J’avais dit c’est la dernière rentrée à Paris. C’était l’an passé.

Gagné.

J’avais dit la mer en premier, sans savoir. Et je n’osais pas espérer doubler nos m2.

Le canapé est devenu un lit seulement pour nos amis. J’ai un endroit exprès pour découper mes tomates, autre que ma planche bancale déposée sur l’évier. Je n’ai plus besoin d’être dans la baignoire pour me retrouver seule, j’ai une douche à la place de toute façon. Maintenant c’est plutôt banquette sur la terrasse, à l’ombre d’un petit olivier. Un olivier Ikéa, mais ça compte quand même non ?

Et surtout j’ai l’impression d’être dans une ville qui me ressemble. Elle ne se définit pas en une phrase.

Je ne vous ferai pas l’affront de résumer Marseille en quelques mots. Je l’ai aimé instinctivement, avant même de la connaître. J’ai aimé l’évidence, la beauté du bleu qui s’invite un peu partout et puis le reste, ce qui pourtant ne plaît pas d’emblée. Vous savez, je vous ai toujours dit qu’on aime pour les défauts. Alors ici c’est un peu ça. Du caractère et de la douceur. Le deux-en-un mieux que ceux vendus en magasin.

Ici, notre fils commence bien sa scolarité, sur liste d’attente avant même sa première rentrée. Une organisation des affectations à la marseillaise, tranquille, no stress, tout l’inverse de moi quoi. Alors j’attends la semaine prochaine, le verdict pour savoir si je vais l’accompagner, lui tenir la main en tremblant, embuer mes lunettes de soleil et faire honte à son père. Ce serait bien.

Pour lui, pour moi, pour mon concours et pour toutes les raisons qui font que je suis tellement attachée à l’école, à ce qu’elle va lui apporter, à ce qu’elle va faire de lui. L’envie d’apprendre, de découvrir, de grandir. Pour commencer cette petite vie d’écolier, qui est restée dans mes souvenirs l’une des plus jolies pages qu’il m’ait été donné de tourner. Et que j’ai hâte de retrouver, de l’autre côté.

Cette vie marseillaise en pause pendant l’été va enfin nous ouvrir sa petite routine et ses plages hors saison. Faire notre première rentrée ici. Réécrire un autre quotidien.

Ce matin un petit vieux sur la plage, un peu amnésique « c’est le soleil hein », a confondu mon chapeau avec celui d’une autre et m’a dit : « c’est grand alors ou pas Villard de Lans ? »… « Ah non mais moi je ne sais pas, je suis d’ici hein, je suis marseillaise ». Répondu sans réfléchir, comme un automatisme. De toute façon ma réputation m’a précédée, il paraît que je l’ai toujours été un peu sur les bords, à prétendre apercevoir un dauphin à la place d’une sardine. Alors je crois que ça me va bien.

Je ne nous voyais plus là-bas. J’ai bien savouré. Maintenant je vais pouvoir à nouveau aimer Paris, comme elle le mérite, passionnément, à la folie… le temps de week-ends entre amis.

Belle rentrée à tous.

Crédit photo : My Chuchotis

Et il reste encore un peu de temps pour voter :

L’odeur de ses cheveux

La nouvelle recrue

Merci pour vos 40 j’aime ça fait chaud au coeur <3

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4 Comments
  • Lorelei
    août 22, 2015

    J’ai beaucoup aimé te lire….
    En tant que fille du nord expatriée dans le sud, je te comprends à 100%
    Je vous souhaite à tous les 3 une jolie rentrée à Massilia 😉
    bizz

  • Lexie
    août 23, 2015

    Ah ces mots tjs bien choisis… 🙂 je te souhaite que ton fils puisse faire sa rentrée cette année, quelle étape !

  • Céline G
    août 29, 2015

    Petit éclat de rire sur l’histoire du Dauphin 😉

  • Lucie
    septembre 3, 2015

    Bonjour Miss Chuchotis,

    Je pense avoir ressenti à peu près les mêmes choses que toi il y a quelques années à propos de Marseille !
    J’ai éprouvé un amour et une envie tellement intenses et inconditionnels pour cette ville, son côté brut, pas impeccable, la mer, la corniche, les collines, l’Estaque. comme toi je trouvais que cette ville avait les qualités de ses défauts. J’adorais le fait que cette ville ait si mauvaise réputation et qu’elle suscite si peu d’envie, presque du dégoût auprès des gens à qui j’en parlais sans cesse, j’avais l’impression d’avoir réussi à saisir quelque chose de caché, d’être la seule à voir un diamant là ou les autres voyaient un caillou !

    A un moment comme toi, parisienne depuis pas mal d’années j’ai éprouvé un ras le bol de la capitale, une sensation d’étouffer, un sentiment d’agression permanent, j’ai donc envisagé quitter Paris pour m’y installer. Je dévorais des bouquins sur la ville, (j’avais adoré le dictionnaire amoureux de Marseille de Paul Lombard), des polars qui s’y déroulaient. J’allais y passer de grands week-end toute seule, je flanais, j’arpentais les quartiers du bord de mer, où ceux plus éloignés au pied des collines, je rêvais en plein hiver sur les plages désertes, je trainais à la librairie l’Ecailler, chez Jeanne Laffitte, j’avais rencontré des gens via un forum de marseillais, j’aimais tout, bref je m’y voyais !
    J’étais consciente cependant que l’intégration parmi les marseillais, que se refaire un cercle d’amis ne serait pas faciles. Les seuls marseillais que j’avais rencontrés dont aucun n’y était né et qui étaient tous plus ou moins nouvellement arrivés m’avaient fait comprendre que le problème à Marseille, c’était surtout les marseillais…
    Mais j’étais célibataire à l’époque, avec un travail encore difficile à ce moment là à exercer ailleurs qu’à Paris et je n’ai pas osé franchir le pas.

    Aujourd’hui j’ai quitté Paris depuis 4 ans avec mon chéri pour Toulouse, nous avons une petite fille, nous sommes très heureux et avons trouvé à Toulouse tout ce qui nous manquait à Paris. Nous apprécions énormément cette ville, et la région sud-ouest en général, très différente de la Provence.
    Mais je repense très souvent à Marseille, à ces moments passés là-bas, à ce que j’y ai ressenti, je n’y suis pas retournée depuis 6 ans…
    Alors suivre par bribes ton installation dans cette ville, ton ressenti, voir tes photos me replonge dans cette atmosphère et rien que pour ça je t’en remercie !!
    Je rêve d’y revenir passer un long week-end en famille, avec une pointe d’appréhension tout de même car je sais que mon chéri n’apprécie pas Marseille autant que moi, et que la ville a changé depuis tout ce temps. J’ai un peu peur d’être déçue, de ne pas retrouver la chaleur discrète des lieux que j’ai aimés, de trouver une ville plus froide, et de ne plus y trouver autant d’âme…
    Une solution pour exorciser ces craintes, c’est de réserver tout de suite, maintenant !!!

    Merci encore pour tous ces souvenirs que tu provoques, au plaisir de continuer à voir Marseille à travers tes yeux, suivre tes découvertes, impressions et pérégrinations intérieures !

    Lucie

    PS : désolée pour ce long commentaire, c’était la première fois que je commentais sur ton blog, et ça m’a fait plaisir de coucher par écrit mon amour pour Marseille :))

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