La politesse du sourire

Par mardi, octobre 1, 2013 3 , Permalink 0

175157715Un jour après une nuit blanche et de nombreux mots échangés, alors que j’avais à peine 18 ans une personne m’a dit : « tu dois avoir beaucoup souffert pour sourire autant ».

Je n’ai jamais oublié ces mots. Tellement vrais à l’époque. Petite ado comme sous prozac qui vit dans une fausse réalité. Je me souviens m’être dit consciemment que je ne voulais pas que les gens me fuient. Sourire était l’unique moyen de garder pied dans cette réalité. De conserver des amis, une vie sociale. Sourire par politesse, sourire pour garder la tête haute, sourire pour continuer à être fréquentable.

J’ai tellement d’affection pour ce que j’étais à l’époque. Jamais je n’ai pensé avoir été une mauvaise personne.

J’ai vécu cette jeunesse à 100 à l’heure, entre bande d’amis que je vois toujours aujourd’hui, petites histoires amoureuses sans conséquences, faux grand amour qui ne rimait qu’à soigner un égo mis à mal. J’ai fait des choix mais je ne les qualifierais jamais de mauvais. Je n’ai jamais dépassé la ligne rouge. Je n’ai jamais plongé dans une vie malsaine ni fait de mal aux autres. Pas même à moi-même. Ces choix m’ont construite, m’ont donné des indications personnelles sur le bien et le mal.Quand je regarde les photos de cette époque je souris malgré moi. Cette féminité maladroite, outrageuse, tenues et maquillage d’une enfant qui aimerait être une adulte. Je ne m’arrête pas à ces clichés. J’ai été tellement plus que ça. Une ado passionnée, avec des rêves plus grand que le cœur. A l’écoute de bien des maux, présente pour bien des gens. Certaines personnes me pensaient superficielle. Ca m’était tellement égal. Ces personnes n’avaient rien compris à la vie. Qu’elle est courte, qu’il faut être soi, vivre malgré tout, profiter de l’ivresse et aimer les gens quoi qu’il arrive. Qu’on peut danser toute la nuit, aimer son prochain et se noyer dans des alcools sucrés. Que l’important c’est de rester soi, de garder une ligne de conduite.

Quand je repense à cette époque il y a deux choses qui me reviennent : les cours de philo et les boites de nuit. Comme deux antagonismes de ce passé de jeune fille. S’amuser et réfléchir. Et surtout ne pas rester immobile. Qu’ils m’ont fait rire ces enfants sages à mes côtés. Qu’ils m’ont paru stupides ceux qui dépassaient les limites de leurs âmes. J’aspirais à l’entre-deux. Aimer fort, bouger beaucoup, réfléchir surtout. Réfléchir à comment je voyais ma vie, comment je construirais petit à petit mes rêves. Comment je deviendrais cette adulte. Celle qui dansait devant mes yeux fermés le soir, un eldorado à atteindre.

Je n’ai jamais cessé de m’aimer. Je n’ai jamais perdu l’estime de moi. Comme un cap à garder en pleine tempête. Comme pour ne jamais me désolidariser de moi-même. Je n’ai donc pas de regrets.

Mon sourire m’a sauvée. Mais aujourd’hui et depuis peu, je ne me force plus à sourire. C’est tout récent et c’est conscient. Je n’ai plus besoin de forcer les gens à m’aimer. Je n’ai plus besoin d’être gentille pour être acceptée.

Ca me fait un bien fou. J’ai toujours cette politesse du sourire, mais je ne la laisse pas gommer ma personnalité.

Je regarde en arrière et j’ai tellement d’affection pour la jeune fille que j’ai été. Pour ma réponse à ces quelques mots prononcés en pleine nuit. Un baiser.

Crédit photo : miappv

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3 Comments
  • Mademoiselle K
    octobre 2, 2013

    Ton texte est magnifique. Je reste sans voix devant tant de sincerite et d’amour, de respect pour la personne que tu as ete et que tu es.
    J’ai tellement doute de moi, j’ai tellement permis a d’autres de profiter de mes faiblesses qu’aujourd’hui je souris plus par amour de la vie, que pour donner le change. C’est plus vrai et ca me fait moins mal aussi.

    • Mam'aParis
      octobre 2, 2013

      Merci ton commentaire me touche vraiment! Je suis contente de voir que quelqu’un d’autre se retrouve dans ces mots

  • Chaussette & Moustique
    octobre 2, 2013

    😉

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