Laisser la vague te submerger

Par dimanche, avril 13, 2014 4 No tags Permalink 0

N’enlève pas ton bavoir. Non on n’a pas fini. Regarde il reste un dessert. Un yaourt. Ouvre la bouche. Voilà. Il est à quoi ton yaourt? Tu sais pas? Moi non plus je ne sais pas, c’est pas écrit. Tu sais dans la vie ce n’est pas grave de ne pas tout savoir. C’est même mieux. Les gens qui savent tout ça n’existe pas. Et ceux qui pensent tout savoir ce sont les pires.

Moi je ne sais rien. Je ne sais pas de quoi demain sera fait. Et ces gens-là ils essaient de te le dire. Ils ont tout compris eux. Ce que tu dois penser. Ce que tu dois ressentir. Ils te posent des milliers de questions, ils veulent tout savoir. Mais ils ont déjà la réponse. Ils n’écoutent pas vraiment la tienne. Et si tu t’avises de trébucher ils regarderont ailleurs. S’arrêter c’est prendre le risque de tomber aussi. Ces gens-là ils ne comprendront jamais tes mains qui heurtent le sol. Ton souffle coupé. Pour eux la vie continue de tourner. Ces gens-la ce sont des empêcheurs de tourner en rond. Ils se trouvent entre la surface et le fond : ils t’empêchent de taper du pied pour remonter.

Tu dois les fuir à tout prix d’accord? Si tu arrives à encaisser ça t’es sur la meilleure des voies. Encaisser qu’il y a des personnes qui ne penseront jamais comme toi. Qui ne comprendront jamais ce que tu vis. Et accepter de les laisser la où elles sont. Entre la surface et le fond.

Tu n’as plus faim? Tu es sûr? Bon d’accord. C’était quoi alors, abricot? Ou peut-être pêche?
Oui maman va bien chéri. On dirait que t’en doutes… Quoi qu’il arrive maman ira toujours bien, d’accord? Parce qu’une maman c’est très très solide. C’est fait pour ça. Prendre soin. Serrer dans les bras. Rassurer la nuit.

D’ailleurs on va faire dodo là non? Allez tends les bras, on va mettre le pyjama.

J’aimerais te dire que ces gens-là tu les reconnais. Mais non. Ce serait trop simple. Tu les vois seulement le jour où tu es par terre. Oublie-les et appuie toi ailleurs c’est tout. Pas la peine d’en rajouter en tombant sur une planche pourrie. Et puis c’est pas grave car il y a tous les autres. Avec au milieu de petites pépites.

Elles non plus tu ne peux pas les trouver comme ça. Il faut accepter d’être un peu chercheur d’or. Elles ressemblent au commun des mortels. Un grain d’or au milieu de milliers de grains de sable. Bon d’accord, elles ont quand même une petite particularité. Elles brillent. Oui, elles brillent dans l’obscurité, un peu comme ta veilleuse qui te rassure la nuit. Comme le phare qui aide les bateaux à arriver a bon port. Comme une étoile qui te guide dans le noir. Enfin t’as compris, une lumière quoi.

Quand tu as cette petite lumière près de toi tu as la plus belle des armes. La seule qui compte vraiment. La seule qui apporte un peu de chaleur. Qui donne un sens à ta vie.
Ces pépites elles ont un nom. Un nom officiel je veux dire, que les adultes leur donnent. Je ne vais pas te le dire. Ça ne sert a rien. Tu découvriras tous ces termes bien assez tôt. Ce ne sont pas les mots qui comptent. C’est le sentiment qu’on met derrière.

Enfin voilà chaton, ce qui compte dans la vie ce n’est pas de tout savoir. Ça ne sert a rien de le prétendre, tu n’y arriveras jamais. Accepte de tomber. Accepte que la vague te submerge, ne cherche pas à lui résister. Il y a des personnes qui seront là pour toi, quoi qu’il arrive quand tu couleras. Et pour les autres laisse-les. Ne perds pas ton énergie à essayer de leur expliquer. Garde toutes tes forces pour nager.

Allez tu dors maintenant. Oui ne t’inquiète pas, je laisse la petite lumière. Maman n’éteint jamais la lumière tu le sais bien.

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4 Comments
  • working mum
    avril 13, 2014

    un joli texte tout en douceur et plein de bon sens

    • My Chuchotis
      avril 15, 2014

      Merci 🙂

  • MarionG
    avril 14, 2014

    Très très beau texte

    • My Chuchotis
      avril 15, 2014

      Merci! 😉

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