Les vies en attente

Par mardi, août 27, 2013 6 No tags Permalink 0

Je vois des gens qui remettent des choses à plus tard, des voyages, des passions, des enfants, des déclarations d’amour, des reproches ou des vérités. Qu’importe ces choses, ce sont leurs rêves.

J’ai parfois l’impression que ces gens n’ont pas vu que la vie file.

Je vois des gens qui n’aiment pas souffler leurs bougies. Qui n’aiment pas que les années avancent. Car en fait elles avancent sans eux. Elles les tirent, les poussent, mais ils ne se pressent pas, ils ont le temps. Ils sont là pour longtemps.

Et il y a les autres. Ceux qui se débattent avec leurs envies, qui poussent des murs, qui gravissent des montagnes, qui écrasent les doutes. Ceux qui ont vu une lumière et qui savent qu’elle brille pour eux. Qui espèrent, qui osent, qui se plantent, qui plaquent tout, qui tombent et se relèvent. Ceux là ont un jour vu que l’on est que de passage. Ils ont eu la trouille de leur vie, celle qui diffuse un froid dans tout le corps et fait claquer les dents. Une peur qui a une odeur aseptisée d’hôpital, un bruit de machine qui maintient un souffle, une voix qui ne deviendra plus qu’un souvenir. Une peur qui au départ paralyse. Puis ils se sont réveillés un matin. Ils ont eut le sentiment qu’on leur avait offert un sursis, un diamant brut à tailler, une petite croix rouge sur une carte au trésor.
Ces gens sont des illuminés, des inconscients, des rêveurs. Ils planent à dix mille.

Ces gens ont des cœurs grands comme des océans, ils ressemblent à des enfants.
J’aurais aimé ne pas les remarquer.

J’aurais aimé ne pas savoir pourquoi ils sont comme ça.

J’aurais aimé penser que nous sommes là pour un moment.
Je les regarde et j’hésite encore.

Sous ce beau coucher de soleil cet été j’ai reçu un appel. Alors que je ne l’attendais plus. Juste pour me dire d’arrêter de penser, d’imaginer, que ma vie de femme ne sera sans doute pas liée aux gènes de ma famille. Que mon homme avait raison, tant que tout va bien, rien ne va mal.

De ce nouveau point de vue j’ai le temps.

Mais je sais qu’on a jamais trop de temps pour réaliser tous ses rêves.

Alors je regarde ces gens qui avancent. Et j’hésite encore.

Crédit photo : Mam’aParis

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6 Comments
  • enjoyRunning
    septembre 1, 2013

    Quel plaisir de te lire à nouveau ! Bonne rentrée, pleines d’envies (et de course à pied) 😉

  • Mam'aParis
    septembre 1, 2013

    Merci beaucoup! De même pour toi 😉

  • MelleAlexa
    septembre 1, 2013

    Très joli article.
    J’ai écris la même chose de façon différente, mais comme toi, je pense qu’il y a ceux qui pensent avoir le temps et d’autre non.
    Plusieurs amis sont décédés bien trop jeunes, pour que j’attende que le temps passe, moi, je n’ai pas le temps, d’attendre :)

  • Mam'aParis
    septembre 1, 2013

    Je viens de lire ton article, très touchant et effectivement parfois on ne peut pas se plaindre car on a bien souvent le choix de ne pas subir nos vies! Parfois c’est plus compliqué, mais je me dis qu’il faut au moins essayer :)

  • charlotte
    juillet 24, 2014

    Je l’ai eu, la peur au ventre, celle qui paralyse, celle qui paralyse longtemps même, qui empêche de dormir, de manger. J’ai compris qu’on n’était pas là pour longtemps. Alors, avant de me lancer dans la vie, pourquoi j’ai encore peur ???

    • My Chuchotis
      août 18, 2014

      Je me pose la même question! Gros bisous

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