Noël sans eux

Par jeudi, décembre 26, 2013 0 No tags Permalink 0

Noël a toujours le même effet sur ceux qui ne peuvent le passer en compagnie des personnes qu’ils aiment. C’est comme une pelle à gâteau remuée dans la plaie, une chaise vide dans un joli tableau, une envie de pleurer le jour où l’on a pour obligation d’être heureux.

C’est moins facile de faire face à l’absence ce jour-là justement car on a le cœur rempli de joie et que c’est le sentiment qu’on a le plus envie de partager. Je sais que je ne suis pas la seule à profiter d’une minute de liberté dans cette journée rythmée pour me plonger dans les photos jaunies  et les souvenirs. Que je ne suis pas la seule à fleur de peau à m’être mise dans une colère noire contre une inconnue pour une broutille la veille de Noël. Que je ne suis pas la seule à me perdre dans une chanson, une odeur ou dans les rêves du « si ».

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J’ai 12 ans

Par lundi, décembre 9, 2013 0 No tags Permalink 0

Accueillir ses copines pour deux jours et avoir 12 ans.

L’appartement, les fous rires, la soirée pyjama.

Parler de garçons, de choses à la con et avoir 14 ans.

Echanger les souvenirs, les potins, les confidences.

Sortir sans regarder sa montre et avoir 16 ans.

Prendre le temps, ne pas se presser, savourer.

Faire une grasse mat’, ne penser à rien et avoir 18 ans.

Ne t’avoir jamais porté, être légère comme une plume.

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J’ai un petit appart

Par jeudi, novembre 28, 2013 12 No tags Permalink 0

Tout petit pour une famille. Très grand pour certains. Il fait 42m² si vous voulez tout savoir.

Cet appart je l’aimais vraiment. Près du parc, immeuble moderne, ascenseur, balcon, un endroit parfait. Dans Paris. Le rêve  de ma jeune vie quoi.

Un bébé est arrivé, on a laissé la chambre et pris le salon.

Quand des amis viennent, on dort à trois dans la petite chambre. Quand les grands-parents sont là ils dorment aussi sur le canapé. Ca ne les gêne pas, on est bien comme ça.

C’est une ambiance colo, on se fait coucou-bonne nuit alors qu’on est à 2 mètres. On se réveille tous en même temps. On chuchote et on bouge les objets doucement.

Dans mon appart, il fait chaud, il y a un grand canapé et un frigo parfois plein. On prend des bains, on se fait des petits plats, on regarde bébé qui gambade partout et qui étale tous ses jouets. On invite pour des apéros, on regarde des films, on trouve une petite place pour une machine à coudre.

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Je t’ai croisée ce matin

Par mercredi, octobre 30, 2013 4 No tags Permalink 0

Ce matin je pars le regard embué, perdue dans mes pensées. Je ne suis pas encore dans ma journée, plutôt l’esprit vers mon fils qui crie de me voir m’en aller. Je monte dans l’ascenseur et dans ce flou matinal, les yeux dans le vague, je te vois.

Comme un point que l’on regarde au loin et qui accroche sans le vouloir notre esprit. Mes yeux se fixent intensément dans le reflet du miroir.

Est-ce mon rouge à lèvres, mon expression ou la façon dont j’ai mis mon foulard? Je détaille mon visage, je suis le contour de ma bouche, tellement différente de la tienne, la couleur de mes yeux beaucoup plus foncée…tu as disparu.

J’imagine ma souffrance si toi et moi avions eu des traits communs. Ce n’est pas le cas. En tout points différentes. Ça nous faisait rire. Aujourd’hui je cherche désespérément ton reflet.

Je marche vers mon travail. J’essaie de m’éloigner de cette colère. Cette colère froide, silencieuse qui me gagne ces temps-ci et qui s’est ravivée ce matin. Une colère que je connais bien, avec laquelle je vis depuis plus de dix ans. Je sais qu’elle va gentiment partir. Puis elle reviendra.

Lorsque je la sens arriver, je laisse la vague passer, me submerger. Le cerveau humain a cette capacité à noyer nos pensées sombres de choses futiles, de rayer de notre mémoire la douleur. Le temps atténue, rend cette colère moins fréquente et ses accès moins longs. Mais je sais qu’on ne s’habitue jamais à l’injustice, jamais à l’absence.

Cette colère parfois j’en ai fait des combats, j’en ai fait des actions. Mais la plupart du temps elle m’immobilise, elle me paralyse. Je dois arrêter de respirer pour ne pas la renvoyer sur un autre. Elle menotte mes mains et m’oblige à me taire. Elle ressemble plus à une envie de dormir pour ne plus penser, à une envie de débrancher pour ne pas craquer.

Alors je laisse la vague passer. J’attends qu’une pensée vienne la remplacer. En attendant je me raccroche à ton regard, que j’ai croisé ce matin.

Crédit image : Leigh Viner

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Je me souviens

Par mercredi, octobre 23, 2013 0 No tags Permalink 0

J’ai lu le livre de David Foenkinos, le dernier : « les souvenirs ».

J’ai un sentiment mitigé : j’aime son style mais j’ai eu l’impression d’avoir été trompée sur la marchandise. Le résumé nous promet une histoire d’amour compliquée et douce comme La Delicatesse ou Nos Séparations que j’avais beaucoup aimés. Il s’agit en fait de souvenirs sur sa grand-mère, ses parents et surtout la vieillesse qui prend une part importante du livre. Et la mort aussi. Sujets qui m’ont fait sombrer dans mon pessimisme automnal. Oui nous ne sommes rien, oui un jour nous allons mourir et pire que tout : nous allons voir mourir notre entourage…très gai n’est-il pas ?

Je noircis un peu le tableau mais la fin m’a confirmée que j’avais bien fait de m’accrocher. Une jolie réflexion sur le couple, sur ce qu’il devient après la venue d’un enfant et comment parfois simplement, le désir et l’amour s’en vont tout doucement, sans prévenir. Un peu triste mais sûrement quelque chose de partagé par beaucoup de jeunes adultes d’aujourd’hui, le tout dans un style tendre et vrai qui met des mots avec justesse sur les sentiments. Un livre sur la globalité de la vie en fin de compte.

J’ai particulièrement aimé les petites notes en italique qui parsèment ce livre et le moment où l’auteur révèle la suite de souvenirs énoncés par Marcello Mastroianni dans un film sur sa vie : « Je me souviens de cette poêle en aluminium sans manche, ma mère y faisait des œufs. Je me souviens de la musique de Stardust ; c’était avant la guerre ; je dansais avec une fille qui portait une robe à fleurs. Je me souviens de la légèreté si élégante de Fred Astaire. Je me souviens de Paris quand ma fille Chiara est née. Je me souviens de Greta Garbo qui regarde mes chaussures et me dit : « Italian Shoes ? » […]Les souvenirs sont une espèce de point d’arrivée, et peut-être sont-ils aussi la seule chose qui nous appartient vraiment. » ». Le narrateur s’applique ensuite à faire de même pour ses propres souvenirs.

J’ai trouvé l’exercice touchant et j’ai décidé de le faire. Voici donc mes souvenirs.

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Et enfin tu es là

Par vendredi, octobre 11, 2013 15 No tags Permalink 0

247757_10151247776729379_2102250950_nOn s’est rendus à la maternité, comme d’habitude tous les deux.

Histoire de voir si tout allait bien pour toi. On a regardé d’un œil lointain cette ultime écho. Ce n’était plus à travers un écran qu’on avait envie de te voir. On était le jour du terme. Ce jour J encadré, coché, rayé. Prononcé fièrement depuis des mois. Attendu. Le genre de date où quand tu prends un yaourt dans le frigo tu te dis : « quand ce yaourt sera périmé le bébé sera là. »

La sage-femme m’a sortie de mes pensées pour me dire que t’étais bien enraciné dans mon bidon, que t’avais de l’eau pour continuer à faire de jolis plongeons encore un bout de temps. Qu’on se reverrait la semaine prochaine, pour te provoquer. Je l’imaginais avec une petite épée en train de me piquer le bidon, pour te provoquer en duel et te faire sortir. Non, je ne voulais pas. Je voulais une surprise, des contractions, un réveil en pleine nuit et de l’eau sur les pieds.

On est rentrés en bus. J’ai roulé mon bidon, le cœur dans les talons. On s’est assis tous les deux dans un petit bar de notre quartier. Mon ventre n’avait jamais pris autant de place. On venait là pour la première fois. J’ai noyé mon chagrin dans un grand café crème et je suis rentrée. Ton futur père est reparti vers son boulot. Sans imaginer qu’aujourd’hui même tout allait s’emballer et que dans quelques heures tu serais dans nos bras.

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La politesse du sourire

Par mardi, octobre 1, 2013 3 , Permalink 0

175157715Un jour après une nuit blanche et de nombreux mots échangés, alors que j’avais à peine 18 ans une personne m’a dit : « tu dois avoir beaucoup souffert pour sourire autant ».

Je n’ai jamais oublié ces mots. Tellement vrais à l’époque. Petite ado comme sous prozac qui vit dans une fausse réalité. Je me souviens m’être dit consciemment que je ne voulais pas que les gens me fuient. Sourire était l’unique moyen de garder pied dans cette réalité. De conserver des amis, une vie sociale. Sourire par politesse, sourire pour garder la tête haute, sourire pour continuer à être fréquentable.

J’ai tellement d’affection pour ce que j’étais à l’époque. Jamais je n’ai pensé avoir été une mauvaise personne.

J’ai vécu cette jeunesse à 100 à l’heure, entre bande d’amis que je vois toujours aujourd’hui, petites histoires amoureuses sans conséquences, faux grand amour qui ne rimait qu’à soigner un égo mis à mal. J’ai fait des choix mais je ne les qualifierais jamais de mauvais. Je n’ai jamais dépassé la ligne rouge. Je n’ai jamais plongé dans une vie malsaine ni fait de mal aux autres. Pas même à moi-même. Ces choix m’ont construite, m’ont donné des indications personnelles sur le bien et le mal.

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Génération désenchantée

Par vendredi, septembre 13, 2013 13 No tags Permalink 0

Henrik SorensenOn nous avait vendu du rêve,  des promesses d’épanouissement personnel et professionnel, des vies où l’on aurait tout choisi et où l’on serait les rois.

A coups de « passe ton bac d’abord » de valorisation de nos stages, d’une élite qui ne serait que diplômée, on nous avait promis que l’on mettrait le monde à nos pieds. On a fait de la communication, du marketing, du commerce et plein de choses qui riment avec international. On nous a dit qu’il fallait continuer le plus longtemps possible et partir à l’étranger. Mais à part enchaîner les histoires d’un soir dans toutes les langues et les beuveries étudiantes, on n’a pas trop compris ce qu’on foutait là. On nous a dit d’être des requins, de négocier nos salaires, de montrer ce qu’on vaut, de regarder droit dans les yeux. Et on s’est pris une gifle en pleine gueule.

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Un jour pas comme les autres

Par mercredi, août 28, 2013 2 No tags Permalink 0

Aujourd’hui c’est un jour pas comme les autres. Une année de plus vers la quarantaine, encore de belles années devant soi. Tu me dis : «si j’entends encore quelqu’un se plaindre d’avoir 30 ans je crois que je vais hurler ! C’est vraiment des vieux cons avant l’âge non ?»

Toi tu ne te plains pas de cette année de plus. De tes 31 ans. Tu es toujours toi, solaire, lumineuse et tellement souriante. Tu ris. Ce rire en cascade.

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Les vies en attente

Par mardi, août 27, 2013 6 No tags Permalink 0

Je vois des gens qui remettent des choses à plus tard, des voyages, des passions, des enfants, des déclarations d’amour, des reproches ou des vérités. Qu’importe ces choses, ce sont leurs rêves.

J’ai parfois l’impression que ces gens n’ont pas vu que la vie file.

Je vois des gens qui n’aiment pas souffler leurs bougies. Qui n’aiment pas que les années avancent. Car en fait elles avancent sans eux. Elles les tirent, les poussent, mais ils ne se pressent pas, ils ont le temps. Ils sont là pour longtemps.

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