Silence cordial

Par lundi, janvier 20, 2014 0 No tags Permalink 0

 

Si tout à coup je décide de tout te dire.

Si je te dépeins mes pensées, sur une aquarelle dont les couleurs seraient numérotées comme un nuancier pantone.

Que j’avoue qu’il y a des jours où la jalousie et la rage me brûlent les doigts, me donnent envie de taper dans une porte et d’observer ma main passer à travers.

Et que je tire par les cheveux les petits moutons qui dorment sous mon lit.

Sous ton lit.

Que mes pensées sortent par ma bouche sans censure, qu’elles s’envolent comme de petits origamis pliés dans du papier de soie. Portées par le vent.

Saurais-tu les attrapper? Saurais-tu les garder au creux de ta mains sans les froisser. Sans les juger, sans les oublier au fond d’une poche de ton jean le plus vieux et le plus confortable?

Pourrais-tu leur offrir une oreille attentive? Pourrais-tu changer, acquiescer, approuver, soutenir, porter? Me porter. Me porter à bout de bras, moi dont les miens fatiguent tellement. Tellement occuppés, si peu disponibles, rarement au repos. Comme mes pensées.

Il ne vaut mieux pas, tu ne penses pas?

Les plus jolis sourires sont ceux que l’on s’échange sans politesse. Les regards que l’on n’oublie jamais sont ceux que l’on ne parvient pas à soutenir. Alors s’il te plait ne me soutiens pas, ne sois pas trop poli. Sois juste là. Tu n’as pas besoin de parler. Je n’ai pas besoin de te parler. Ni de te dévoiler toutes mes pensées.

Tu es là et c’est déjà bien suffisant.

Crédit photo : Image of origami birds escaping their cage. Image by Thomas Cole Simmonds – www.tomsimmonds.com

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