Terrible Two, les boules

photo (6)J’ai cherché un titre plus poétique, plus classe, qui reflèterait le côté dramatique de la situation tout en n’effrayant pas le lecteur. C’est sincèrement le seul qui m’est venu. Car oui cette phase, c’est vraiment les boules.

Que ceux qui pensent y échapper, sachez qu’il n’y a pratiquement aucune chance que cela vous arrive. Cette crise des deux ans fait parti du développement normal de l’enfant (auto-consolation). Si on peut admettre que la normalité est de voir sa petite tête blonde devenir diabolique et despotique, tout va bien.

Je vais être honnête ce passage terrible gâche pas mal de moments. C’est plutôt très compliqué à gérer quand on a comme moi, à cœur de rester calme, sereine et souriante alors que son bébé se roule comme un damné par terre en hurlant, tout simplement car un chien est passé dans la rue devant lui, puis…parti.

A cet âge-là l’enfant a envie de maitriser plein de choses. Il comprend qu’il peut le faire avec certaines activités (demander à manger, attirer l’attention de ses parents, jouer avec d’autres enfants, boire son biberon seul…) et ne comprend pas pourquoi il ne peut pas en être de même pour toutes ses envies (sauter dans la piscine, caresser les oiseaux, escalader le balcon, manger un saladier entier de chips…). Au-delà des interdits que vous lui posez, il y a son incapacité physique : à se mouvoir, à aller aussi vite que les grands, à porter à sa bouche une cuillère avec un minimum de contenu…

Grosse frustration donc. Rajoutez à cela qu’il n’a pas le vocabulaire pour s’exprimer et vous avez le prototype parfait de la bombe humaine.

 Je suis assez surprise de la force et de la violence des caprices. Il alterne ses journées entre colère, timidité, rire…on sent qu’il ne sait pas vraiment lui-même comment se comporter, qu’il se cherche. Je sais que les caprices sont exacerbés par la fatigue, les personnes concernées (c’est souvent pour ma pomme alors que la nounou nous décrit un petit ange) ou l’environnement (bizarrement ça éclate plus dans un wagon de TGV bondé qu’au milieu d’un champ complètement vide).

De mon côté pas mal de moments sont pourris par ce passage à vide. La journée type que l’on a passée au jardin d’acclimatation représente bien la phase bi-polaire que vit mon fils à l’heure actuelle. Manèges : joie intense. Fin du manège : crise disproportionnée. Pas évident en tant que parents de comprendre que tout est réuni pour lui faire plaisir et de le voir s’énerver pour rien : une petite fille qui l’empêche de voir le lapin dans la cage, son incapacité à monter à l’échelle en cordes, le jet d’eau qui le mouille, le plat qui n’arrive pas assez vite…

Bon a priori, rien d’alarmant, on a tous vécu la scène des enfants qui pètent un plomb au supermarché, au restaurant, dans le métro…sauf qu’ensuite on ne les voit plus et on oublie que leurs parents les supportent tout le reste de la journée, voir de la nuit. Dieu merci le mien dort très bien (j’imagine que ça fatigue un peu ce genre de comportement).

Je précise qu’à chaque moment difficile on lui parle, on le gronde quand il le faut, on se met à sa hauteur en le regardant dans les yeux (merci Super Nanny) et on tente de faire diversion, mais sans grand succès, soyons honnêtes.

Je me suis donc renseignée auprès d’un médecin en lien avec la petite enfance que je voyais par hasard, sur la meilleure attitude à adopter, voici quelques conseils si vous aussi êtes concernés. (Sachez d’ailleurs qu’il y a forcément des parents d’enfants de votre entourage qui n’ont pas connu cette phase, ça ne veut rien dire. Ni sur eux, ni sur vous. C’est suffisamment compliqué à gérer pour ne pas lorgner avec envie dans la maison d’à côté. Évitez également d’accorder de l’importance aux conseils donnés à la va-vite : « t’es trop sévère, pas assez, tu cries trop, pas assez, il tient de son père, il est pourri-gâté » etc…ça n’aide pas, mais vraiment pas du tout!).

Tout d’abord ce médecin m’a informée que cette crise faisait partie du développement normal de l’enfant. Elle est même essentielle, puisqu’elle permet de se construire en tant que personne. Si cette phase n’est pas pleinement vécue, elle resurgira de toute façon à un autre moment de l’enfance ou de l’adolescence. On entend certains parents dire : « depuis qu’il est à l’école il est devenu infernal ». Il s’agit bien souvent d’un terrible two à retardement.

 Il est nécessaire, humain, de vouloir exister. Le meilleur moyen de s’affirmer en tant que personne est donc de s’opposer : dire non, exprimer ses envies. C’est là que ça se corse : le petit enfant ne peut pas parler, il utilise donc son corps et ses cris pour le faire. Un ado claquera les portes et criera sa rage avec des mots violents. Un bébé va traduire cette impuissance en colère.

Ce médecin m’a également dit que cette phase durait environ un an (j’ai cru défaillir). Que l’on punisse, sévisse ou non, cette phase suivrait son cours quoi qu’il arrive et cesserait vers environ 3 ans. C’est là que le parent doit agir : fixer des repères sans mater violemment le petit. Etre violent dans les mots comme dans les gestes envers lui serait aussi néfaste que tout lui laisser passer. Chaque parent doit trouver le juste milieu, celui où il se sent en accord avec ses valeurs. Cette phase ne présage en rien le caractère du futur enfant. Il ne faut donc pas commencer à se dire : « je dois le mater maintenant sinon il va être horrible plus tard ». On peut ne pas lâcher sans tomber dans le matraquage.

 L’enfant a besoin de repères. Il doit comprendre ce qui est interdit et pourquoi. Il faut donc lui parler et ne pas lâcher sur ce qui est dangereux et important (respect des personnes et de lui-même par exemple). Il est également nécessaire d’être cohérent entre les deux parents, au risque de voir des comportements inégaux se créer (le petit va vite comprendre ce qui est permis et avec qui, ou tenter le regard de cocker au papa quand maman le gronde).

Pour tout le reste, il est essentiel de lâcher du mou et ce, dès que c’est possible. L’enfant se construit, il a besoin que son avis soit entendu et respecté, d’être considéré comme une personne à part entière (ce qu’il est d’ailleurs, hein, ne l’oublions pas.)

C’est à ce moment-là que le parent fourbe fait son entrée. Sur conseil du médecin il faut lâcher sur tout ce qui est possible et lui laisser le maximum de choix, dès qu’on le peut :  s’il le souhaite, mettre son bermuda fluo plutôt que son jean, manger le petit suisse rouge plutôt que le jaune, utiliser seul la cuillère même s’il y a quelques ratés sur son pull… et si ça ne marche pas : faire diversion ou isoler le capricieux (pas plus de quelques minutes, déjà une éternité à son âge).

 En gros, il faut accepter que votre enfant grandisse et le laisser choisir, exprimer sa voix, s’affirmer tout en l’accompagnant et en le guidant vers la voie la plus appropriée.

Bon de mon côté ce n’est pas encore gagné, j’avoue quelques petits pétages de plombs, tapes sur les doigts quand je me prends des coups de pieds dans les côtes au moment du change… mais j’essaie de parler un maximum, de rester ferme et d’isoler le petit capricieux quand vraiment ça ne va plus. Je suis assez désarçonnée des crises de rires qui arrivent après les gros caprices et de devoir dire non 50 fois pour la même chose, chaque jour. Mais je me dis que si ça a commencé tôt, ça finira bientôt, non?

Sinon, on peut aussi rire (un peu) de cette phase parfois vraiment ridicule : (gros sentiment de déjà vu)

http://news.distractify.com/fun/reasons-crying/

http://www.reasonsmysoniscrying.com/

Bon courage les parents!

Sinon je m’aperçois que cette phase a évolué, mais pas vraiment dans le bon sens depuis mon dernier article sur le sujet : http://mychuchotis.com/terrible-two-bonjour/

Snif !

Rendez-vous sur Hellocoton !
12 Comments
  • unjourunjeu
    août 25, 2014

    Je me reconnais totalement dans ce que tu vis ! Mes p’tits gars me font tourner en bourrique tous les jours en ce moment et j’ai l’impression que ce n’est que le début… Vivement l’adolescence 🙂

    • My Chuchotis
      août 26, 2014

      Ah oui vivement l’adolescence! Au moins on retrouvera les grasses mat’ 🙂

  • La vie en Tisanie
    août 25, 2014

    je suis également en plein dedans avec ma deuxième (qui aura 2 ans dans 2 semaines). Je le vis plus facilement que pour ma première, parce qu’effectivement, je sais que c’est une phase de développement normale et qui s’arrêtera un jour. Mais ça n’en est pas moins intense! bon courage à toi!

    • My Chuchotis
      août 26, 2014

      J’imagine que l’effet de surprise en moins, on le vit mieux. Par contre j’imaginais qu’un 2ème vivait moins fortement cette phase, je saurais à quoi m’en tenir le jour venu! 😉

  • Lexie
    août 26, 2014

    Hihi nous sommes ds la sélection famille avec le même sujet. Je te remercie de me dire que ce sera pire après 😉 je note tes conseils et nous souhaite plein de courage. Mon travail du moment consiste à savoir adopter une moue de circonstance quand je dois la traîner, hurlante, hors du toboggan.

    • My Chuchotis
      août 26, 2014

      Oui j’ai vu! 🙂 ils vont nous rendre dingues! Moi aussi les sorties de parc me font perdre toute dignité! 😉

  • Virginie
    août 26, 2014

    Je me disais « moi, ça ne m’arrivera jamais. Mon enfant ne sera pas capricieux…. » J’aurai dû me mordre la langue et ma fille me montre à quel point elle est comme les autres. Effectivement, c’est un passage obligatoire et nous ne devons pas oublier que ce sont des petits êtres en construction. Nous même en tant qu’adultes nous ne comprenons pas toujours les fonctionnements des uns et des autres….. Alors eux, du haut de leur quelques centimètres…… Et je suis d’accord avec toi ; merci super nanny ; lorsque je me mets à sa hauteur le doigt levé, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour elle 🙂

    • My Chuchotis
      août 27, 2014

      C’est clair, on ne peut pas imaginer à l’avance ce qui nous attend! Et je suis d’accord, nous en tant qu’adulte on ne comprend pas toujours et on peut l’exprimer, pour eux c’est plus difficile! Bon courage! (et merci Super Nanny) 😉

  • By Paulette
    octobre 13, 2014

    Ca fait du bien de lire tout ça! Bises.

    • My Chuchotis
      octobre 15, 2014

      🙂 tant mieux alors, on se comprend!

  • mmembis
    octobre 13, 2014

    Je te remercie vivement pour cet article. Je traverse la même phase à la maison, j’en avais parlé http://www.leslivresdoscar.com/2014/08/terrible-two.html?m=1
    Comme toi je me remets beaucoup en question, d’autant que le fossé avec sa soeur est énorme : l’autre a 4 mois et se trouve dans la période calme et gérable. J’essaies de ne pas être trop pressée que ça passe, je me dis que je n’ai pas fait d’enfants pour avoir de bons petits soldats mais c’est rude certains soir !

    • My Chuchotis
      octobre 15, 2014

      C’est vrai que c’est dur…j’essaie de me dire comme toi et mais c’est pas toujours facile! Je vais aller regarder ton article 🙂

Répondre à Virginie Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *