Van Gogh

Par jeudi, avril 7, 2016 0 No tags Permalink 0

Je passe ma vie à observer la mienne. A me demander si son image est au plus proche de ce qu’elle est réellement.

Est-ce que je fais vraiment partie du tableau ou est-ce que je me contente de le regarder, en me balançant d’un pied sur l’autre, faisant semblant d’en comprendre les coups de pinceaux, car il faut bien faire illusion, j’ai payé le billet d’entrée.

Ce qu’on ressent face à un tableau ne s’explique pas. Trouver ce moment parfait, celui du ventre qui s’emballe, du coeur qui lâche. La magie. La faire durer  jusqu’à ne plus le ressentir, qu’elle s’échappe.

Avoir les paumes qui piquent devant une image c’est comme se retrouver dans un regard, celui qu’on croise au dessus de la table, qui donne l’impression de mettre des couleurs sur ce qu’on ressent, d’ajouter du goût au plat devant soi. Puis le soutenir jour après jour, jusqu’à ne plus le voir. Ce moment de bascule, quand le regard passe au travers de celui de l’autre. A quoi tu penses ? A rien.

Ce qu’on fait de nos vies est déjà assez terrible, non ? C’est justement pour ça qu’il faut que ce soit léger, sinon quel intérêt ? Alors au milieu de tout ça, nous avons choisi de rire. Personne n’a jamais dit que la beauté ne pouvait côtoyer la noirceur. Le fade. La routine. Pourquoi y aurait-il d’un côté l’oeuvre du maître et de l’autre le gribouillage raté ?

La sensation d’un rire qu’on ne peut pas retenir par rapport à celui qu’on force. C’est sûrement le grand écart le plus désagréable. On a parfois l’impression qu’un sentiment nous définit. J’ai compris qu’on pouvait ressentir de la tristesse sans être une personne triste. Ressentir de la joie sans être une personne heureuse.

J’aimerais pouvoir dire à la fin : quels que soient les problèmes que tout ça nous a causé plus tard, nous avons été heureux, pleinement, l’espace de quelques instants.

Le reste on s’en fout, non ? Les conséquences, c’est pour le public qui viendra regarder le cadre accroché. Le résultat qui tait le cheminement. L’émulsion, le mélange des couleurs, les concessions faites, ça ne regarde que nous.

Tout sauf que la tristesse dure toujours.

Chanson : Alex Beaupain, Van Gogh.

« La tristesse durera toujours » citation de Vincent Van Gogh.

Photo : oeuvre de mon fils. Seule personne à qui je soutiens que la tristesse ne durera jamais.

 

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